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Est-ce qu'on a atteint l'AGI ?
Lorsque Anthropic, Google DeepMind et OpenAI prédisent tous la même chose, il est temps de faire attention.
Il y a trois semaines, Elon Musk a publié deux messages sur X qui ont enflammé Internet.
Le premier : « Nous sommes entrés dans la singularité. »
Quelques heures plus tard, il a insisté : « 2026 sera l’année de la singularité. »
Le timing est fascinant, car ces déclarations sont arrivées juste après que xAI, sa société d’intelligence artificielle, a bouclé une levée de fonds de 20 milliards de dollars.
Et si tu relies ça à ce qui s’est passé la semaine dernière à Davos, tu comprendras pourquoi cette affirmation mérite d’être prise au sérieux, même si tu es sceptique.
Car Elon Musk n’est plus le seul PDG de l’IA à parler de singularité.
Je vais te donner des signaux concrets qui montrent que nous nous approchons peut-être réellement de ce moment.
Ce que signifie réellement la singularité
La singularité, ce n’est pas Terminator.
Mais ce n’est pas non plus du marketing de la Silicon Valley.
C’est un concept précis formalisé en 1993 par le mathématicien et auteur de science-fiction Vernor Vinge dans un article intitulé « The Coming Technological Singularity ».
Son idée était simple : lorsque l’intelligence surhumaine sera créée, l’ère de la domination humaine prendra fin.
Il comparait ce moment à l’horizon des événements d’un trou noir, cette frontière au-delà de laquelle on ne peut plus voir ce qui se passe.
Puis, en 2005, Ray Kurzweil a popularisé le concept avec son livre « The Singularity Is Near ».
Sa définition est plus technique.
Pour lui, c’est le moment où l’intelligence artificielle peut s’améliorer elle-même, puis la version améliorée s’améliore encore, et le progrès s’accélère à une vitesse telle que la vie humaine est transformée de manière irréversible.
Kurzweil prédisait que cela arriverait autour de 2045.
Elon Musk dit que c’est maintenant.
Ce qui est intéressant, c’est que la singularité ne concerne pas seulement le niveau d’intelligence.
Elle concerne la vitesse d’amélioration.
Quand l’IA progresse plus vite que nous ne pouvons la comprendre, nous sommes dans la singularité.
Pourquoi Musk fait-il cette déclaration maintenant ?
La réponse se trouve en partie dans ce qui se passe chez xAI, sa société d’IA.
Le 6 janvier, l’entreprise a annoncé avoir levé 20 milliards de dollars, dépassant largement l’objectif initial de 15 milliards.
NVIDIA, Cisco, Fidelity, l’autorité d’investissement du Qatar, le fonds souverain d’Abu Dhabi… tous ces géants financiers soutiennent massivement les ambitions de Musk.
La valorisation de xAI tourne autour de 230 milliards de dollars, au même niveau qu’OpenAI ou Anthropic.
Avec cet argent, ils construisent quelque chose d’inédit : le superordinateur Colossus.
Situé dans la région de Memphis, il dispose déjà de plus d’un million de cartes graphiques, ou GPU équivalents H100.
Le projet d’expansion vise 1,5 million de processeurs graphiques.
Pour te donner une idée, la puissance nécessaire pour faire fonctionner tout cela pourrait alimenter 1,5 million de foyers.
Grok 5, leur prochain modèle prévu pour le premier trimestre 2026, aura 6 000 milliards de paramètres.
ChatGPT-4, qui avait impressionné tout le monde à sa sortie, en comptait environ 1 800 milliards.
Ce qui rend xAI particulièrement redoutable pour ses concurrents, c’est son accès aux données réelles en temps réel.
Des millions de Tesla collectent en continu des données de conduite.
La plateforme X fournit un flux d’informations en temps réel sur ce qui se passe dans le monde.
OpenAI et Google n’ont pas accès à ce type de données.
Les chiffres qui donnent du poids aux affirmations de Musk
Il existe un test de référence pour l’IA appelé GPQA Diamond, composé de 298 questions de niveau doctorat en biologie, chimie, physique et mathématiques.
Ce sont des questions que seuls des experts ayant des années d’études peuvent résoudre.
Claude Opus 4.5 a obtenu environ 87 %.
GPT-5.2 Pro d’OpenAI a atteint 93 %.
Gemini 3 Deep Thinking de Google est monté à 93,8 %.
On parle de scores de niveau doctorat sur des questions conçues pour distinguer les experts des non-experts.
En programmation, le benchmark SWE-bench évalue de vraies tâches d’ingénierie logicielle.
En 2024, les meilleurs modèles plafonnaient à 50 %.
Avec 80,9 %, Claude 4.5+ dépasse aujourd’hui les 80 % de ChatGPT.
En un an, il y a eu un bond de 30 points.
Dans le benchmark GDP-Eval d’OpenAI, GPT-5.2 est comparé à des professionnels humains sur 44 métiers.
L’IA égale ou dépasse les meilleurs experts dans 71 % des tâches.
Avocats, comptables, analystes, marketeurs.
Des métiers que l’on pensait protégés car diplômés.
En mathématiques, les meilleurs modèles atteignent désormais 5 % à l’AIME 2025, l’examen réservé aux élèves les plus brillants.
Ce qui reste difficile pour l’IA, c’est la découverte scientifique fondamentale.
Sur les benchmarks de niveau Nobel, les scores tournent autour de 11 %.
L’IA n’a pas encore remplacé les chercheurs à l’origine de percées majeures.
Mais la trajectoire est ce qui compte vraiment.
Il y a deux ans, l’IA échouait à des entretiens basiques de programmation.
Aujourd’hui, elle dépasse des ingénieurs seniors.
Ce qui s’est passé à Davos devrait inquiéter tout le monde
Dario Amodei, PDG d’Anthropic, a fait des déclarations qui ont marqué l’assemblée.
Selon lui, l’IA remplacera presque tout le travail des développeurs logiciels dans les 6 à 12 mois.
Les modèles atteindront un niveau Nobel dans plusieurs domaines d’ici 2026 ou 2027.
Et 50 % des emplois juniors de bureau pourraient disparaître dans les cinq prochaines années.
Il a révélé qu’à Anthropic, les ingénieurs écrivent à peine encore du code à la main.
L’IA fait tout, les humains relisent et ajustent.
Face à lui, Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind, se montre plus prudent.
Mais il admet 50 % de probabilité d’atteindre l’AGI avant 2030.
Sam Altman a récemment écrit qu’OpenAI sait désormais comment construire l’AGI telle qu’on l’a toujours définie, et que l’entreprise se concentre maintenant sur la superintelligence.
Il existe aussi des voix dissidentes.
Yann LeCun estime que les LLM actuels ne mèneront jamais à une intelligence de niveau humain.
Selon lui, une approche totalement différente est nécessaire.
Hassabis lui-même affirme qu’il manque encore une ou deux percées majeures avant une véritable AGI, notamment la capacité à apprendre à partir de peu d’exemples et à raisonner sur le long terme.
Il y a aussi les prédictions optimistes passées de Musk qui n’ont pas toujours respecté le calendrier.
La conduite autonome complète de Tesla devait être prête depuis des années.
Elle est très avancée, mais pas encore généralisée dans le monde.
L’argument académique des « opportunités faciles déjà exploitées » mérite aussi attention.
Les découvertes faciles ont peut-être déjà été faites.
L’IA pourrait elle aussi atteindre un plateau.
Quatre signaux qui montreront que nous y sommes vraiment
Premier signal : l’économie.
Une définition de la singularité suppose une croissance économique supérieure à 20 % par an.
Les économies dynamiques actuelles croissent de 5 à 7 %.
Surveille les flux d’investissement en IA et les chiffres de productivité.
Deuxième signal : l’auto-amélioration de l’IA.
La singularité implique que l’IA puisse devenir plus intelligente sans intervention humaine.
Aujourd’hui, l’IA aide déjà à concevoir des puces et optimiser des architectures neuronales.
Mais les boucles totalement autonomes n’existent pas encore.
Troisième signal : saturation des benchmarks.
Quand l’IA atteindra presque 100 % sur tous les tests, y compris ceux exigeant du raisonnement créatif, ce sera un signal fort.
Nous en sommes proches en mathématiques, et ça progresse vite en science et en code.
Quatrième signal : interfaces cerveau-ordinateur.
La vision complète de Kurzweil implique une fusion entre humain et IA.
Neuralink travaille déjà dessus.
Musk prédit que dans trois ans, les robots dépasseront les chirurgiens.
Quand l’IA aura une forme humaine capable d’agir dans le monde physique, nous entrerons en territoire totalement nouveau.
Ce que cela signifie pour ta vie
Si tout cela se concrétise, les conséquences seront massives.
McKinsey estime que jusqu’à 30 % de la main-d’œuvre mondiale pourrait être déplacée par l’automatisation d’ici 2030.
Ce ne sont pas seulement des ouvriers.
Ce sont des avocats, comptables, radiologues et développeurs.
La version optimiste parle d’une ère d’abondance.
Si l’IA fait le travail, les humains peuvent travailler moins.
Plus de temps pour la créativité, la famille, les loisirs.
La version pessimiste dit que ceux qui contrôlent l’IA deviendront extraordinairement puissants.
Les deux scénarios peuvent coexister.
Ce qui fera la différence, ce sont les choix que nous faisons maintenant.
Ce que tu peux faire concrètement
Comprends la technologie.
Utilise ChatGPT, Claude, Grok.
Teste-les.
Vois ce qu’ils peuvent faire.
Réfléchis à tes compétences.
Qu’est-ce que l’IA ne peut pas faire aujourd’hui ?
Créativité, empathie, leadership, relations humaines.
Renforce ce qui est profondément humain.
Reste flexible.
Le métier que tu fais aujourd’hui pourrait ne plus exister dans cinq ans.
Les capacités progressent de façon exponentielle.
Dans chaque transition technologique majeure, il y a eu des gagnants et des perdants.
La particularité de celle-ci, c’est qu’elle avance si vite qu’attendre n’est plus une option…
Te prépares-tu à ce changement ou espères-tu qu’il ralentisse ?
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