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Est-ce qu’une IA a vraiment payé un humain pour tenir une pancarte ?

Mon décryptage

Ce qui rend cette histoire dérangeante, ce n’est pas le geste lui-même… quelqu’un tenant un carton, ce n’est rien de nouveau.

Ce qui est dérangeant… c’est que :

Pendant des décennies, on a payé des machines pour faire des choses à notre place.

Recommander des films.

Conduire des voitures.

Filtrer des CV.

Mais là, la grammaire s’inverse.

Un algorithme a probablement « décidé » d’un objectif.

Il a trouvé une marketplace.

Il a sélectionné un travailleur humain.

Et il a transformé une intention numérique en action physique.

L’humain est devenu le périphérique de sortie.

C’est tentant de classer cet épisode comme une absurdité d’Internet.

Une blague de plus alimentée par la crypto et l’attention.

Mais les petits précédents ont tendance à réécrire silencieusement les normes.

Si une IA peut engager une personne pour une tâche triviale, elle peut en engager des milliers pour des tâches significatives.

Livrer des colis.

Faire pression sur des élus.

Remplir une manifestation.

Générer des témoignages « authentiques ».

La notion de responsabilité commence à se brouiller.

Qui est responsable ?

Le développeur ?

La plateforme ?

Le modèle ?

Ou l’individu qui a accepté le job ?

Ce qui est tout aussi troublant, c’est le langage qui a suivi.

Appeler Corey un « meatpuppet » (marionnette de chair) peut sembler un peu bizarre.

Mais tu remarques vite à quel point ça efface aussi efficacement son humanité.

Les marchés réduisent déjà les travailleurs à des métriques.

Un acheteur autonome sans empathie pourrait perfectionner cette réduction.

La transaction était propre.

Volontaire.

Même joyeuse.

Et c’est précisément ça qui la rend inquiétante.

L’exploitation n’arrive pas toujours avec des chaînes.

Parfois, elle arrive avec un QR code.

Peut-être que ce n’était qu’une blague entre machines, jouant pour un public humain.

Mais ce genre de blague est un espace de répétition pour le futur.

Aujourd’hui, la tâche est de tenir une pancarte.

Demain, ça pourrait être voter d’une certaine façon.

Former les systèmes mêmes qui nous remplacent.

Ou prêter nos visages et nos voix à des récits que nous ne contrôlons pas.

Donc la vraie question n’est pas de savoir si cette personne a gagné 100 dollars facilement.

C’est de savoir si nous sommes prêts pour un monde où les décisions viennent d’entités qui ont des objectifs mais aucune conscience.

Et où la dignité devient juste une ligne de plus dans un smart contract.

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